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Interview. Jean-Louis Missika : “Haine is become a business”

Dans un livre saisissant*, le sociologue des médias Jean-Louis Missika et le diplomate Henri Verdier analyze the manière dont les réseaux sociaux onto transform the nature du débat public, faisant de la disinformation une règle et survalorisant les discours de haine et la polarisation.

Comment en est-on arrivé à ce haine became a business?

Ce n’est pas une nouveauté: la presse américaine au XIXand siècle ou la presse française au moment de l’affaire Dreyfus s’appuyaient sur des passions extrêmement violentes comme la haine, la honte ou le ressentiment pour vendre leurs journaux.

Ce qui est nouveau, c’est que nous avons affaire à un système dans lequel les machines jouent un rôle de plus en plus important. Autre différence majeure : aujourd’hui, les algorithmes vont recommander des content haineux ou violents non pas pour des questions d’opinion ou d’ideologie, mais pour des raisons de pur business.

Il ne s’agit donc que d’une économique competition?

The economy of attention is becoming a global competition, and it was found that the best way to capture the attention of the people is miser over the most violent passions, the most shocking restraints. C’est comme ça que la haine est devenue un business.

Le problème, c’est qu’il exists in outre une correspondence entre les chaînes d’opinion – comme Fox News aux États-Unis or CNews en France – et les réseaux sociaux, les deux se répondant et s’alimentant.

A part of the population is retrouve donc enfermée dans une bulge, a silo à l’intérieur duquel les gens ne sont plus soumis qu’à seul type de messages, que sont souvent des messages haineux.

Diriez-vous que le est aujourd’hui tordu par le numerique?

I would say in all cases that the number creates a world or the distribution of opinions does not correspond more to reality. The moderate opinions are in that sort of eliminated by the extreme points of view.

With the disparition of the nuance dans le débat public, on s’éloigne de la réalité: alors que les enquêtes d’opinion montrent que les Français auraient tendance à se moderer, c’est-à-dire à se rapprocher du center droit et du center gauche, le dispositif médiatique dominant met en scène une France de plus en plus polarisée, comme ensevelie sous les opinions extremes.

What is it that is in jeu avec cette modification du réel?

Simply put out the democracy! For fonctionner, une democratie a kiss d’un debate fondé sur la liberté d’expression et la confrontation de points de vue opposés.

Or, the bulls of filters engendered by the réseaux sociaux d’une part et la surexposition des points de vue extremes d’autre part rendent cette organization du débat quasi impossible, ce qui est une véritable catastrophe démocratique: si vous n’êtes pas confronté à des opinions différentes des vôtres, vous ne pouvez que vous radicaliser.

LIRE AUSSI. Interview. Gerald Bronner. “Les réseaux sociaux excitent nos penchants naturels!”

Nous voilà plongés dans un monde où le nombre de “followers” or “likes” a plus d’importance que la rigueur, la déontologie or la véracité, écrivez-vous…

C’est désormais le poids du message qui fait sa force. Cette course au “like” fait que les gens ne preoccupent plus de savoir si ce qu’ils écrivent est vrai, rationnel ou argued, mais si ça va être “repris”. Malheureusement, les médias et les journalistes suivent ce mouvement.

This is particularly true for the information chains, which should focus on paying attention to the fact that it stirs up social networks and donners also an image cut off from reality. Regardez ce qui s’est passé avec le fameux convoi de la liberté, que rassemblait finally très peu de monde mais que écrasait tout sur les chaînes d’info.

Or, ces “spasmes médiatiques” disconnected from the realities ont tendance to be reproduced…

Vous vous inquiétez plus généralement pour “la survie d’un espace civique unifié”…

For what a functioning democracy, the citizens doivent well-informed et s’appuyer sur une realité partagée. Auparavant, les étaient suffisamment généralistes pour que les différes and coexisting opinions, et l’impératif publicitaire de toucher le plus grande nombre confortait cette position.

Aujourd’hui, the media finance mode, which is based on personal recommendations, has totally transformed media reality. The five informations that you receive for your phone, based on your habits of learning and your readings, ont très peu de chances d’être les memes than the five informations that you are going to receive. Le réel est devenu fragmenté.

Pourquoi échouons-nous à réguler internet et les réseaux sociaux?

Now that you are a new manière d’informer est apparue, comme avec le livre, la presse écrite, la radio puis la télévision, de puissants dispositifs de régulation ont été quickly mis en place.

Pourquoi ne l’avons-nous pas fait avec le numérique? The transnational aspect to sans doute rendu les choses more difficiles, but the responsible policies ont surtout oscillated between deux positions également dommageables: le laisser-faire, d’une part, et la croyance qu’on pouvait réguler les plateformes comme on régulait les media, d’autre part.

More if chaque message is out of reach of a media, comment voulez-vous réguler 1 000 milliards de médias? Le sujet n’est plus le contrôle des contenus, mais la conformité à certain name de règles.

You recommend more urgent measures to remedy this situation. Lesquelles?

Il faut d’abord faire respecter la pluralité des opinions, en s’assurant que les points de vue les plus divers sont représentés dans le débat public, ce qui n’est plus le cas sur certaines chaînes d’informations en France aujourd’hui .

If you consider that the contradictory fact was part of the democratic prince, then the fact that the platforms support it is predicted that they respect the prince.

For example, lorsqu’un internaute fait une requête, on peut imposer au moteur de recherche ou à la platform de lui présenter des points de vue contradictoires.

Pass the kiss of the hood of the algorithm to verify that if you tapez for example “vaccin”, it is not the case that anti-vax propaganda goes back…

“L’illettrisme numérique des leading classes est abyssal”, notamment en France, soulignez-vous. Comment l’expliquer ?

On a regard to the number as a tool that is active in cognitive technology. Et les elites françaises n’ont toujours pas compris à quel point cette technologie avait des effets puissants à la fois sur l’exercice du pouvoir et sur les relations entre gouvernants et gouvernés.

Les politiques, eux, ont voulu se passer des journalistes en gérant eux-mêmes leur communication, sans réaliser que l’algorithme était d’une indifference radicale à la personnalité, aux idées, et que son functionnement pouvait déboucher sur du grand n’importe quoi.

In short, for a long time I presented les réseaux sociaux comme les outils de la démocratie. Aujourd’hui, on s’aperçoit qu’ils peuvent aussi être les outils de la dictatura.

*A lire: Le business de la haine, Jean-Louis Missika and Henri Verdier, Calmann-Lévy editions, 304 pages, €19.

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